« Il n'y a plus de place pour le doute. La menace du changement climatique est bien réelle ; les dangers sont imminents et l'avenir est catastrophique. »
Si tu as consulté tes réseaux ou simplement quitté ton domicile cette semaine, tu n'as pas pu passer à côté du tumulte suscité par le rapport décisif du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Si cet acronyme est déjà difficile à prononcer, les conclusions de ce rapport historique risquent fort de te laisser sans voix. Mais au fait, qui est le GIEC, et pourquoi devrions-nous, en tant que voyageurs et acteurs du tourisme, nous sentir concernés ? Les raisons sont nombreuses et alarmantes ; nous nous devons, à nous-mêmes comme à notre planète, d'y prêter attention.
Le 9 août dernier, le GIEC — l'organisation des Nations unies dédiée à la science du climat — a publié son 6e rapport d'évaluation sur l'état du climat mondial. Ce document synthétise plus de 14 000 études analysées par 234 scientifiques internationaux sur une période de 8 ans. Il résume les recherches les plus récentes sur la science du climat, ses impacts, ainsi que les moyens d'adaptation et d'atténuation possibles. Destiné aux gouvernements et aux décideurs politiques, il vise à éclairer les décisions face au changement climatique (bien que la version complète soit bien plus dense et détaillée). Cette édition, couplée aux phénomènes météorologiques extrêmes récents — comme les incendies en Grèce, les inondations en Allemagne, les cyclones tropicaux en Haïti ou les températures records de 48,8 °C enregistrées en Europe — agit comme un signal d'alarme pour les gouvernements, les institutions, les entreprises et chacun d'entre nous. Il est temps d'agir radicalement, sous peine de courir à la catastrophe.
Les points clés (et les avertissements) du rapport :
L'activité humaine est sans équivoque responsable des changements climatiques récents, rapides et sans précédent. La température mondiale a augmenté de 1,1 °C, un niveau jamais atteint depuis plus de 100 000 ans, et les conséquences se feront sentir aux quatre coins du globe.
Malheureusement, et sans grande surprise, nous dépasserons le seuil de 1,5 °C d'ici 2030, même en réduisant immédiatement toutes nos émissions. Si nous parvenons à une réduction significative, nous pourrions stabiliser cette hausse autour de 1,4 °C.
En maîtrisant nos émissions de gaz à effet de serre (GES), nous pourrions voir les températures mondiales se stabiliser d'ici 20 à 30 ans.
Le niveau de la mer a déjà grimpé de 20 cm depuis 1900, principalement à cause de la fonte des glaces en Antarctique. Si l'atmosphère se réchauffe de 2 °C, les océans monteront de 50 cm d'ici la fin du siècle.
Les niveaux mondiaux de CO2 sont plus élevés qu'ils ne l'ont été depuis au moins 2 millions d'années.
Les concentrations de méthane (CH4) atteignent un sommet inégalé depuis 800 000 ans. C'est le deuxième gaz le plus préoccupant après le CO2, car il est extrêmement efficace pour piéger la chaleur.
Nos alliés naturels — forêts, sols et océans — sont fragilisés. Ces puits de carbone ont absorbé 56 % de tout le CO2 émis par l'humanité ; sans eux, la Terre serait déjà bien plus chaude et moins hospitalière. Ces écosystèmes montrent des signes de saturation, ce qui signifie qu'ils seront moins capables d'absorber nos émissions à l'avenir.
Le rapport suggère que nous pourrions réduire le réchauffement grâce à des « émissions négatives », en capturant le carbone présent dans l'atmosphère. Toutefois, cette technologie n'en est qu'à ses balbutiements.
Les villes seront en première ligne face aux impacts du changement climatique, notamment les inondations, les vagues de chaleur et la montée du niveau des mers.
Alerte rouge, vraiment ?
Le constat est sans appel : nous devons réduire nos émissions, et ce, dès hier. Il nous faut des actions radicales et réfléchies à tous les niveaux de la société pour donner une chance à notre planète. Bien que les principaux responsables du changement climatique se limitent à une poignée de pays et d'industries — là où les efforts doivent être les plus soutenus — nous devons tous apporter notre pierre à l'édifice pour limiter les conséquences d'un modèle qui ne peut plus durer.
C'est là qu'intervient le tourisme.
Avec la pause mondiale imposée par le Covid-19, l'industrie du voyage a pris un coup dur, mais nous avons pu observer les effets positifs de cet arrêt sur notre climat. Tout compte fait, cette mise à l'arrêt n'a réduit les émissions mondiales que de 7 % — soit à peine moins que la part annuelle du secteur dans les émissions de gaz à effet de serre (8 %). Cela illustre bien l'ampleur de la crise climatique.
Le voyage va continuer, c'est une évidence : il s'agit de l'un des secteurs économiques les plus importants au monde. MAIS, nous ne pouvons plus voyager comme avant. Ce rapport est un rappel ferme : si nous ne changeons pas le visage du tourisme, il court à sa perte. La résilience future du secteur dépendra de sa capacité à adopter une trajectoire bas carbone et à réduire ses émissions de 50 % d'ici 2030. Le rapport du GIEC appelle chaque responsable politique, chaque entreprise et chaque gouvernement à examiner l'impact de ses actions sur le climat et à réduire ses émissions. Cela implique de prendre des décisions responsables pour l'industrie touristique ; sans quoi, son essence même — ce qui attire les voyageurs — subira les conséquences irréversibles du changement climatique, comme la dégradation des paysages naturels, de la faune, des communautés, des sites culturels et des zones protégées. Le secteur doit faire preuve de responsabilité, de transparence et d'efficacité pour garantir notre avenir. Il est temps de relever le défi et de s'engager sur la voie du zéro émission nette d'ici 2030.
Les scénarios alarmants du 6e rapport d'évaluation du GIEC ne sont plus des hypothèses, mais des faits. Cela doit pousser tous les acteurs du voyage à œuvrer pour une décarbonation agressive et cohérente de tous les secteurs d'ici 2030. Chez Viatu, nous avons la responsabilité d'agir pour le climat et de faire évoluer le statu quo vers une direction plus saine pour les populations et la planète. Le secteur touristique a une influence considérable sur les politiques gouvernementales et industrielles. Nous souhaitons que ce levier serve à faire pression sur les gouvernements pour qu'ils donnent la priorité à la mesure, à la réduction, au reporting et à la définition d'objectifs scientifiques de réduction des émissions.
Chez Viatu, nous agissons localement, pensons globalement et assumons notre rôle dans la construction d'un avenir sain et durable. Si tu souhaites consulter notre stratégie de durabilité, tu peux le faire ici. On adorerait aussi échanger avec toi, alors n'hésite pas à nous envoyer un message sur Instagram.